• Opéra "La créole" d'Offenbach

    --La Créole--

    Opéra-comique en 3 actes de Jacques Offenbach

    Livret d’Albert Millaud

     Opéra "La créole" d'Offenbach

      

    La Créole est une œuvre tardive d'Offenbach. Elle date de 1875, soit cinq ans avant la mort du compositeur. Il ne semble pas qu’elle ait été beaucoup reprise sous sa forme originale. C’est donc une nouvelle création que vont proposer les Tréteaux Lyriques.

    La défaite de Sedan, la chute de l’Empire, le drame de la Commune et l’avènement de la III° République ont fortement secoué la France. L’heure n’est plus aux plaisirs effrénés des années soixante. Offenbach lui-même a changé. Il n’est plus l’homme adulé qu’il était. La faillite de la Gaîté Lyrique lui a coûté très cher. Le goût du public a changé aussi. De l’opéra-bouffe truculent, on est passé insensiblement à l’opérette. La parodie historique a fait place à la comédie bourgeoise et le couple amoureux est devenu le centre de l’intrigue.

    Le librettiste de La Créole, Albert Millaud, proche d’Henri Meilhac, a imaginé un vaudeville plein de vivacité, truffé d’excellent dialogues. Il n’y a pas ici un couple central, mais deux, à la manière de « La double inconstance » de Marivaux.

    Il y a trois actes : le premier en ville, à La Rochelle, le second dans un château en Charente et le troisième… sur le pont d’un navire, en plein océan !

    Pour résumer en quelques mots l’argument, disons que le commandant de Feuillemorte, sorte de capitaine Haddock, a entrepris de marier son neveu René à sa pupille Antoinette. Mais Antoinette aime Frontignac, ami de René. Les deux amants, avec la complicité de René, vont se marier à l’insu du commandant. Celui-ci, rentrant des îles quelques mois plus tard, amène avec lui une seconde pupille, Dora, jeune Créole, qu’il veut marier à Frontignac, qu’il croit encore libre. Mais voilà que Dora et René, qui se sont connus à La Martinique, voient renaître leur amour ! Tout l’enjeu du troisième acte, à bord du bateau du commandant, sera de faire accepter à celui-ci les couples René-Dora et Frontignac-Antoinette à la place des couples René-Antoinette et Frontignac-Dora qu’il avait envisagés. Le chœur est largement sollicité au premier acte pour le premier mariage et au troisième acte, à bord, où il constitue l’équipage.

    On est aux antipodes des Offenbach les plus joués, où tout repose sur la parodie et la dérision. On est plus proche de Trébizonde qui proposait aussi une sorte de comédie bourgeoise. Mais on est toujours chez Offenbach, c'est-à-dire dans une musique fraîche, mélodique, joliment rythmée et d’une écriture toujours rigoureuse. Le public des Tréteaux devrait apprécier ce chassé-croisé amoureux qui se termine par deux heureux mariages.

    Encore un mot. Albert Willemetz, admirateur d’Offenbach, prolifique auteur d’opérette, ami de Sacha Guitry, eut l’idée en 1934 d’adapter La Créole d’Offenbach pour Joséphine Baker. Il en fit une version profondément remaniée, chamboulant le livret, introduisant de nouveaux personnages, taillant dans la partition pour introduire de nouveaux airs et changeant l’orchestration originale. Cette Créole de Willemetz-Offenbach eut un énorme succès au théâtre Marigny. Le bureau des Tréteaux, après avoir étudié de près cette nouvelle Créole, a finalement opté pour la version originale, celle des Bouffes-Parisiens (1875). À ce choix, deux raisons majeures : la grande qualité du livret d’Albert Millaud, la présence plus importante du chœur et, surtout, l’orchestration originale d’Offenbach dont le charme est indissolublement lié aux succès des Tréteaux Lyriques.

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